En ce mois d’août 2002, le journaliste Olivier Chapelle avait trouvé pour présenter Baladapied un titre qui résumait assez bien l’aventure : « Les pieds dans la souris ».
Il faut se replacer à l’époque. Internet commençait seulement à entrer dans les habitudes. Associer les chaussures de randonnée, les sentiers vosgiens et la souris d’un ordinateur avait encore quelque chose d’assez nouveau.
Baladapied était né un peu plus d’un an auparavant avec une idée finalement très simple : mettre sur Internet tout ce que des décennies passées à parcourir les Vosges m’avaient permis d’accumuler.
Des itinéraires, bien sûr, mais également des notes, des photographies, des renseignements pratiques, des bonnes adresses et surtout une expérience du terrain construite au fil de plus de trente années de randonnée.
Le site s’appuyait notamment sur mon guide Balades à pied Alsace & Vosges, publié aux Éditions La Nuée Bleue et dont plusieurs éditions s’étaient déjà succédé.
Mais Internet ouvrait une possibilité nouvelle : celle de ne jamais considérer le travail comme définitivement terminé.
Un itinéraire pouvait être précisé, une information corrigée, une adresse ajoutée, une photographie remplacée. Le site pouvait évoluer en même temps que les chemins, les auberges et les habitudes des randonneurs.
L’article de L’Alsace soulignait déjà ce qui allait devenir l’une des caractéristiques de Baladapied : ne pas se contenter d’indiquer un départ, quelques kilomètres et une arrivée.
Il fallait aussi parler des abris, refuges, fermes-auberges, hôtels, des curiosités rencontrées en chemin et de quantité de renseignements recueillis directement sur le terrain.
Les photographies occupaient également une place importante. Elles provenaient de mes propres randonnées, mais aussi de celles de mon ami et complice Philippe Lutz, qui partageait cette passion des Vosges, des chemins et de leur découverte.
Le journaliste décrivait ainsi un site consacré aux Vosges et appelé à être constamment enrichi et remis à jour.
À côté de l’article principal, L’Alsace avait publié un petit encadré intitulé « Besoin irrépressible ».
J’y expliquais cette attirance qui me ramenait continuellement vers le massif vosgien. Même après avoir découvert d’autres montagnes et d’autres horizons, jusque dans les Alpes ou au Népal, je retrouvais toujours avec le même plaisir les formes plus douces, plus familières et profondément attachantes des Vosges.
C’était aussi l’occasion de rappeler l’extraordinaire réseau de sentiers dont nous disposons, et notamment ces grands itinéraires qui sillonnent le massif : GR 5, GR 531 et GR 532.
Relire aujourd’hui cette page de L’Alsace est forcément un peu émouvant.
Les ordinateurs ont changé. Les appareils photographiques ont changé. Internet a complètement changé. Baladapied lui-même a connu ses périodes d’activité, de sommeil, puis aujourd’hui une nouvelle jeunesse.
Mais l’idée de départ, elle, n’a pratiquement pas bougé :
En 2002, L’Alsace voyait dans Baladapied une rencontre un peu inattendue entre la lenteur de la marche et les nouvelles technologies.
En 2026, l’histoire continue.
Et les pieds sont toujours sur les sentiers…
même si la souris, elle, a beaucoup changé.
Article d’Olivier Chapelle, L’Alsace, jeudi 8 août 2002, rubrique « Multimédia » — « Les pieds dans la souris ».
